Potosi – Voyage au bout de l’argent

Je suis la riche Potosi, Trésor du monde, Objet de convoitise. La renommée de Potosi, son histoire, son rayonnement et ses horreurs sont intimement liés à l’argent.

La ville fut créée en 1545, suite à la découverte d’un filon d’argent dans le Cerro Rico, par un éleveur de lamas. C’est en faisant du feu pour se réchauffer que le sol s’est mis à fondre, et un liquide brillant apparut. Afin de ne pas déranger les Apus (les esprits) de la montagne, il garda le silence jusqu’au jour où son associé vendit la mèche aux Espagnols.

En 1545, les Espagnols fondent la ville impériale de Carlos V au pied du Cerro Rico.

Les mines allaient devenir les plus prospères du monde. Au XVIIIème siècle, Potosi allait devenir la ville la plus riche et la plus grande d’Amérique du Sud. L’argent servit à financer l’économie espagnole.

Les Espagnols envoyèrent des esclaves indiens pour extraire le métal, puis des Africains. Près de 8 millions d’esclaves moururent, entre 1545 et 1825, dans des conditions de travail atroces. Les Espagnols les obligeaient à travailler durant 6 mois dans la mine sans voir le jour!


Le déclin de Potosi commence vers le XIX
ème siècle. Le cours de l’argent diminue et la population passe de 200 000 à 10 000 habitants. L’étain permit à Potosi de survivre.

Les réformes de 1952 ont permis d’améliorer les conditions de travail.

Aujourd’hui, les mines appartiennent aux mineurs sous forme de coopérative.

Ce matin, Manu s’est rendu avec l’agence qui proposait une excursion, sur le marché où les mineurs achètent leur équipement.

  • de la dynamite : 1.5 Euro (mèche et détonateur)
  • de la coca : pour l’énergie
  • des cigarettes
  • de l’alcool à 96 degrés (ça arrache !)
  • des lampes acétylène pour déceler les poches de monoxyde de carbone et l’argent.

Après avoir enfilé un équipement approprié, on s’est enfoncé dans la montagne.
Les galeries sont parfois de simples trous de la taille d’un homme, d’autres font jusqu’à 5 mètres de hauteur.

Par endroit, il y a des trous qui permettent d’accéder à d’autres galeries par une petite échelle. C’est chaud ! Le sol est très glissant, et l’échelle repose sur des pierres.

« Fernando », crie la guide ! Il est au fond d’un trou. Il prépare, avec une tige métallique et un marteau, un orifice pour recevoir la dynamite.
Ici, les mineurs n’ont pas de machines !

L’atmosphère est pesante et pleine de particules en suspension.
Au marché, j’ai acheté de la dynamite, de la coca et des cigarettes que j’offre aux mineurs en leur disant SUERTE (Chance !).


Les mineurs croient en Dieu et au Ciel. Sous terre, ils croient aussi au Diable car les conditions de travail sont proches de l’Enfer.

Le diable est représenté par une figurine en céramique qui s’appelle TIO. Chaque vendredi, les mineurs lui font des offrandes. J’offre à TIO une cigarette en guise de remerciement. Un des mineurs me demande combien d’heures nous travaillons en France ? J’esquive la réponse, car ici ils font les 84 heures et non les 35 heures !

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